Imprimer ce chapitre

 

  • La stabilité et l’intégrité :
    Le mur-rideau doit être muni de joints de dilatation, afin d’absorber les mouvements provenant de la structure du bâtiment, des charges sismiques, des poussées du vent ou de la dilatation-contraction thermique des matériaux. Ainsi, le mur-rideau ne devrait pas produire de bruits, sifflements ou cliquetis.Rigidité des panneaux de parement en métal :La flèche maximale des panneaux de métal dans un plan perpendiculaire doit être inférieure à L/120 ou 20 mm maximum. L’emploi de raidisseurs peut contribuer à satisfaire à cette exigence.Performance structurale du verre : Le calcul de verre doit être conforme à la norme CAN/CGSB-12.20-M89 Règles de calcul du verre à vitre pour le bâtiment.

    La flèche maximale des panneaux de verre dans un plan perpendiculaire est au choix du prescripteur.  En général, la flèche doit être inférieure à 20 mm maximum pour assurer le confort physique et psychologique de l’occupant.

    Pour des raisons économiques, si l’on désire demeurer dans les limites d’un système préfabriqué donné, il faut tenir compte des prescriptions du manufacturier du système pour déterminer les dimensions de vitrage à calculer.

    Performance structurale des pannes métalliques : Les pare-vapeur métalliques ne doivent pas subir de déformations entraînant une perte d’étanchéité périphérique, un bris des attaches de l’isolant ou un contact avec les revêtements de finition ou les éléments voisins.  La flèche maximale des pannes métalliques dans un plan perpendiculaire doit être inférieure à 6 mm maximum et ne pas induire de charge sur d’autres composants du bâtiment.
    Rigidité des membrures : La flèche maximale des membrures sous des charges uniformes ou concentrées (ou la combinaison la plus défavorable des deux) est limitée par deux critères, une fraction de la portée entre deux appuis et une valeur maximale à ne pas dépasser, en prenant le plus contraignant des deux.

    • Pour les portées de moins de 4100 mm, la membrure supportant du verre doit avoir une déflexion maximale de L/175 ou 19 mm maximum;
    • Pour les portées de plus de 4100 mm, une déflexion maximale de L/240 + 6 mm ;
    • Pour une membrure en porte-à-faux L/88 ou 10 mm maximum ;
    • Les pierres naturelles et en particulier le granite travaillent très bien en compression, mais ont une résistance en tension très faible. Il est donc recommandé que la membrure supportant de façon continue des panneaux de granite mince ait une déflexion maximale de L/1000 ou 3 mm maximum. Le panneau de granite ne devant pas subir de contrainte due à la flexion des membrures. Il est également recommandé de valider les résistances des différentes pierres avec le fournisseur et le cas échéant faire évaluer celles-ci selon les normes : ASTM C47 (densité), ASTM C170 (résistance à la compression) et ASTM C99 (module de rupture).

    La flèche maximale d’une membrure, dans un plan parallèle au mur-rideau, doit  être de L/360 ou 3 mm maximum, ce qui concerne en particulier la déflexion des meneaux horizontaux sous le poids propre du vitrage ainsi que la déflexion latérale des meneaux verticaux sous les efforts ponctuels des nacelles de lavage.

    La déflexion ne doit en aucun cas diminuer l’engagement du panneau dans la feuillure de moins de 75% ni le rapprocher à plus de 3 mm du fond de la feuillure.

     

    Les tolérances de fabrication et d’installation :

    Après installation, les membrures et panneaux d’un mur-rideau doivent respecter les écarts suivants par rapport aux dimensions, alignements, niveaux ou un aplomb est de :

    • 3 mm pour une longueur de 3 m ;
    • 20 mm pour une longueur de 90 m.

    Le décalage maximal admissible dans l’alignement de deux éléments aboutés dans le même plan est de 0,8 mm.

     

    L’isolation thermique :

    Les meneaux et pannes métalliques du mur-rideau doivent être dans un environnement à la température contrôlée. Aucune partie d’un meneau exposé à l’air intérieur ne doit être exposée directement à l’air extérieur. L’aluminium intérieur doit être séparé du métal extérieur par une coupure thermique.

    Lorsqu’un meneau continu communique avec un soffite, un parapet ou une autre cavité, sa température de surface ne doit pas créer de condensation durant la période hivernale. Le nez des meneaux doit être protégé du froid par une coupure thermique continue. La valeur RSI de la coupure thermique doit être adaptée en fonction de l’indice de résistance à la condensation. La conception de la coupure thermique peut être validée par des simulations thermiques THERM de façon à évaluer la performance de celui-ci en fonction des températures de surface intérieure du système de mur-rideau. À l’exception du nez, les faces du meneau d’aluminium doivent être protégées du froid extérieur par un des éléments suivants :

    • un matériau isolant continu ayant une résistance thermique d’au moins RSI-0,87 (R5) par exemple une cale anti-rotation de polystyrène extrudé haute densité ;
    • une unité scellée ;
    • un panneau tympan isolé.

    Lorsqu’un matériau isolant thermique est comprimé par les plaques à pression, il doit satisfaire aux exigences minimales suivantes :

    • résistance à la compression de 210 kPa conforme à la norme ASTM D 1621 ;
    • absorption d’eau (% par volume) maximum de 0,7% conforme à la norme ASTM D 2842 ;
    • protection contre l’ultraviolet par une tôle d’aluminium ou autre.

    Tous les isolants et membrures doivent être situés à l’abri des rayons ultraviolets. À chaque joint de dilatation ou à chaque extrémité, l’intérieur des meneaux verticaux doit être obstrué complètement par un bouchon isolant afin de cloisonner les volumes et enrayer l’effet de cheminée.

    L’isolant thermique des pannes doit être bien jointif, hydrofuge, drainant et inflammable, et être fixé mécaniquement à la tôle par des aiguilles empalant l’isolant, espacées de 300 mm de centre à centre. Cet isolant doit être conforme à la norme CGSB-51-GP-10M, par exemple, la fibre de roche de densité de 48 kg/m³ ayant une résistance thermique de RSI = 0,73 (R4) pour 25 mm d’épaisseur.

     

    La conception en vue de la durabilité des matériaux et du système :

    Tous les composants du mur-rideau doivent être de dimension et chimiquement stables dans le temps afin de maintenir les niveaux de performances requis dans des conditions d’usage normales.

    Les garnitures d’étanchéité intérieures et extérieures et autres éléments ne doivent pas subir de retrait dimensionnel ou perte de compressibilité pouvant entraîner une diminution des performances d’étanchéité des assemblages.

    Les revêtements de finition doivent résister à l’action physique ou chimique des agents atmosphériques et aux rayons solaires ultraviolets

     

    Les calculs de structure :

    Des dessins d’atelier ou des notes de calcul approuvés par un ingénieur sont requis et doivent attester la conformité de la résistance structurale du mur-rideau sous les charges de calcul spécifiées. L’ingénieur pourra aussi prévoir les conditions exceptionnelles qui peuvent être applicables à certains des projets. Sans s’y restreindre, la validation structurale du mur-rideau doit inclure les éléments suivants : les meneaux, les ancrages, le vitrage, la silicone structurale.

     

    Les dessins d’atelier :

    Le fournisseur du mur-rideau doit produire des dessins d’atelier indiquant les vues générales du mur-rideau ainsi que les détails et assemblages. Les détails doivent être au moins à une échelle demi-grandeur et représenter tous les matériaux fournis ainsi que leurs assemblages et jonctions avec les éléments hors contrat. Les matériaux doivent être identifiés sur les dessins et être accompagnés des fiches techniques appropriées. Le fournisseur doit aussi produire un document écrit certifiant la conformité du produit avec les normes indiquées et les performances exigées.  Enfin, tous les dessins d’atelier doivent être révisés et scellés par un ingénieur qualifié apte à réaliser les calculs structuraux des différents composants.

     

    Les panneaux de verres inclinés et lanterneaux :

    Le plan incliné est un plan dont l’angle vertical est égal ou supérieur à 15 %.

    Ils ne sont pas des murs-rideaux : ils sont conçus d’extrusions et d’un principe de canalisation d’eau par chevauchement qui diffèrent de la technique des murs-rideaux conventionnels.

    Notez que ce présent guide ne traite spécifiquement que des murs-rideaux. Toutefois, à titre informatif :

    Le verre inférieur de l’unité scellée ou le verre simple, est obligatoirement constitué de verre feuilleté conforme à la norme CAN/CSA-12.1-M90: verre de sécurité trempé ou feuilleté ayant deux plaques de verre de 3 mm d’épaisseur minimums prenant en sandwich un film plastique de 0,07 mm (ou 30 millièmes de pouce) d’épaisseur minimum.

    Le verre supérieur de l’unité scellée ou le verre simple doit être renforcé à la chaleur ou trempé si l’une des conditions suivantes est présente :

    • s’il est susceptible d’être exposé à la chute d’objets, de neige ou de glace provenant de niveaux supérieurs ;
    • elle est susceptible de subir des contraintes thermiques qui entraîneraient le bris d’un verre non renforcé (verre teinté, etc.) ;
    • les charges de neige et de vent le requièrent selon le CNBC

Le calcul du verre doit être conforme à la norme CAN/CGSB-12.2-M89, Règles de calcul du verre pour le bâtiment.

Comments are closed.