Imprimer ce chapitre

Rôle des professionels :

Les professionnels ont une place très particulière dans l’équipe. Ils sont notamment les personnes les plus proches du client. Leur objectif de gestion de la qualité porte à la fois sur la définition d’un programme cohérent et sur le contrôle de sa réalisation effective.

 

Une gestion efficace de la qualité de l’ouvrage suppose qu’il n’existe pas de maillon faible dans la chaîne d’intervenants. Or, la quasi-totalité des accidents et une grande majorité des inaptitudes à l’emploi ou des insuffisances de durabilité résultent d’erreurs ou d’omissions. Aussi, pour réduire les risques de défaillance, il est plus efficace d’augmenter l’intensité des actions conduisant à une meilleure maîtrise des facteurs dont dépend la performance globale.

 

Le contrôle de la qualité consiste donc fondamentalement en un effort d’organisation des professionels, dont les objectifs et les moyens visent notamment à:

  • faire en sorte que les informations nécessaires à l’acteur soient à sa disposition au moment où il doit agir;
  • imposer un partage clair et prédéfini des responsabilités en déclarant à l’avance et de façon précise les domaines de compétence des différents intervenants et l’étendue des tâches et des devoirs incombant à chacun;
  • exiger un registre complet des actions engagées par le programme de contrôle qualité préparé avant la construction pour le projet, incluant une liste détaillée des responsables. Cette exigence poursuit un double but: responsabiliser de manière nominative chaque acteur et permettre une identification rapide des causes de défauts, facilitant ainsi les actions correctrices;
  • diminuer, par un ensemble de contrôles croisés dont la liste et la teneur sont établies au préalable, les risques d’erreurs ou d’insuffisances;
  • prédéfinir les conduites à tenir dans les situations pour lesquelles il est constaté que les résultats atteints ne sont pas conformes à ceux prévus. Cet objectif vise à éviter l’improvisation devant une situation nouvelle, source de très nombreux déboires économiques ou retards de construction;
  • échapper au risque d’avoir ultérieurement à intervenir sur un ouvrage alors qu’on a perdu les traces des difficultés rencontrées à l’exécution, et des adaptations de dernière minute, celles-ci n’ayant pas été reproduites sur les plans du dossier d’exécution.

 

Les statistiques effectuées sur l’efficacité du contrôle de la qualité montrent que les gains effectués en matière de fiabilité du produit final sont considérables comparativement au coût des corrections ou réfections prématurées, sans compter les désagréments imposés aux occupants et aux professionnels impliqués.

 

Dans la plupart des cas, le coût additionnel associé à l’application d’un programme de contrôle de la qualité dans la construction de l’enveloppe d’un bâtiment est de l’ordre de 1% pour un projet d’envergure et de 2% pour un projet de moindre importance. Cette voie mérite sans aucun doute d’être suivie en vue d’améliorer le rapport fiabilité / coût de construction. Son succès dépend largement de l’adhésion des principaux acteurs (client, architecte), qui doivent faire preuve de rigueur dans l’application du plan qualité.

 

Voici les différentes phases d’un programme typique de contrôle de la qualité pour l’enveloppe d’un bâtiment :

  • Conception;
  • Document d’exécution;
  • Fabrication;
  • Transport, manutention, entreposage;
  • Installation;
  • Acceptation finale.

 

Conception et documents d’exécution :

  • Utiliser les services d’experts-conseils en enveloppe du bâtiment pour la révision des plans et devis. Cette aide technique doit être mise en place avant l’appel d’offres;
  • Vérification des exigences de base;
  • Prévision d’un ensemble d’activités de contrôle de la qualité réparti sur toute la durée du projet, de façon à réduire les risques d’erreurs ou d’insuffisances;
  • Définition des conduites à tenir dans chacune des situations où les résultats atteints ne sont pas conformes à ceux prévus;
  • Vérification des détails de construction de façon à réduire les problèmes éventuels et permettre une réduction du coût de construction;
  • Essais sur prototype

 

Fabrication :

S’assurer que les produits ou matériaux satisfont aux exigences prescriptives et normatives d’une norme bien établie et que le fabricant participe à un système d’accréditation de ses produits, incluant un contrôle de la qualité en usine.  Un contrôle de qualité en usine peut aussi être effectué par un inspecteur indépendant provenant d’une firme d’experts-conseils indépendante.

 

Transport, manutention, entreposage :

S’assurer que le fabricant possède un programme de contrôle de qualité pour le transport des composantes ainsi que leur entreposage au chantier.

Le système ne doit pas être exposé aux intempéries et doit être entreposé de manière à ce que la pluie ne pénètre pas dans le système.

Éviter le prolongement de l’exposition aux rayons ultraviolets des garnitures d’étanchéité et des silicones.

 

Installation :

La surveillance des travaux est essentielle.  Si l’architecte ne possède pas l’expertise suffisante à l’interne, il est recommandé d’utiliser les services d’une firme d’experts-conseils indépendante. Les essais in situ doivent être effectués durant l’installation du système, sur des sections complétées, mais avant toute pose de finition intérieure.

 

Acceptation finale :

Avant de procéder à l’acceptation finale des travaux, il est important de procéder à une évaluation globale de l’enveloppe du bâtiment. Cette évaluation permet de déceler les défauts d’exécution du système pare-air ainsi que des ponts thermiques.

Les essais disponibles incluent :

  • infiltrométrie;
  • thermographie;
  • infiltrométrie et thermographie appliquées simultanément.

Note: Dans le but d’assurer un certain niveau de compétence et de responsabilité, l’essai d’infiltrométrie doit être réalisé par un laboratoire d’essais agréé par Ie CCN. De plus, I’essai de thermographie doit être effectué par une firme membre de l’lnstitut National de Thermographie.






Comments are closed.